Ressources humaines

Les paradoxes des débuts de vie dans la fonction RH

Un entretien avec Aziz Boustil, dirigeant de HRcareers.
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La fonction RH souffre de quelques incohérences en termes de recrutement de jeunes diplômés. Les formations quant à elles ne sont pas toujours à la mesure des attentes et sont un peu trop nombreuses actuellement. Le marché du travail arrive à absorber la quasi-totalité des diplômés RH mais non sans peine. Ce qui tire les salaires vers le bas et engendre des temps d’inactivité qui peuvent être importants.

 

 

Le manque de prise de risque des entreprises

 

 

Les jeunes professionnels de la fonction RH mettent en avant le manque de prise de risque des entreprises. Comment serait-il possible d’intégrer le monde du travail si toutes les entreprises souhaitent des jeunes professionnels avec a minima 2 ans d’expérience, qui plus est dans un domaine bien précis des ressources humaines ? Cet état de fait entraîne des temps de recherche d’emploi qui peuvent s’allonger en sortie de formation : 14 % des jeunes diplômés RH mettent plus de 6 mois à trouver un 1er emploi. Si HRcareers devait se muer en porte-parole de la « jeunesse RH », voila ce qu’elle dirait : n’est-on pas face à un paradoxe, celui d’une fonction qui devrait favoriser l’employabilité des nouveaux diplômés (tous métiers confondus) mais qui ne le fait pas dans ses propres services ?

 

 

La part des CDD de plus en plus importante pour un 1er emploi

 

 

Si la part des CDI reste légèrement plus élevée avec 42 %, les signatures de CDD prennent de plus en plus de place dans le cadre du 1er emploi avec 40 %. Face à un climat d’incertitude dans les entreprises, le CDD est de plus en plus utilisé (tous métiers confondus). Les jeunes diplômés RH ayant eu l’opportunité de réaliser leur dernière année en alternance on plus de chance de signer un CDI avec l’entreprise qui les a accueillit. Les formations RH de dernier cycle (master 2) gagneraient à proposer à leurs étudiants un parcours en alternance, pour favoriser leur accès au marché du travail. Soit en ayant la chance de poursuivre dans la même entreprise, soit parce qu’ils auront acquis un peu de cette expérience tant convoitée. L’alternance n’est cependant pas la réponse à tout. Les mentalités peuvent et doivent quelque peu évoluer, mais il s’agit d’un dispositif qui a déjà fait ses preuves. Les stages étant quant à eux un peu moins considérés. L’alternant jouit d’un statut de (presque) salarié, le stagiaire d’un statut de…stagiaire. Il ne s’agit pas d’une donnée empirique, dans la mesure où les stagiaires peuvent être amenés à faire des choses très intéressantes, mais plutôt d’un fait inconscient dans l’imaginaire collectif. Le fameux stage photocopieuse. On peut noter pour conclure que plus le niveau de diplôme est élevé, plus la chance de signer un CDI est forte. 44 % des bac + 5.

 

 

Un niveau de salaire bien loin des attentes de départ

 

 

Les jeunes professionnels de la fonction RH sont assez surpris des niveaux de salaire qui leur sont proposés à la sortie de leur formation. Avec une moyenne de 26.1 K€ pour les bac +4/5, ils ne se retrouvent pas dans les niveaux de salaire qu’on leur avait « promis » durant leur formation et que leurs avaient communiqués leurs écoles.

Chose beaucoup plus inquiétante, 9 % des jeunes diplômés (Licence / Master confondus) démarrent leur carrière professionnelle au SMIC. Il s’agit principalement de postes en agence d’intérim et des postes d’administration RH. Nombre de jeunes professionnels RH font le pari de démarrer sur des niveaux de rémunération moins importants que leurs prétentions de départ avec un objectif simple : celui de gagner en expérience afin de se positionner par la suite sur des postes plus en adéquation avec leurs attentes. Les postes liant le recrutement/formation avec des tâches commerciales sont en termes de rémunération les plus attractifs compte tenu de leur part variable importante. Encore faut-il pour cela accepter des missions commerciales. Le SIRH permet de démarrer sur des salaires de plus de 30K€. De plus ce sont des métiers dont les entreprises acceptent de plus en plus les jeunes profils qu’ils peuvent former à leurs outils et culture. Le réseau est de plus en plus plébiscité pour tenter de trouver le poste idéal et ce dès la sortie de formation. Les réseaux sociaux professionnels sur le web sont de plus en plus utilisés par ces nouveaux diplômés qui y voient un complément dans leur outil de recherche d’emploi (54 % des sondés les utilisent). Néanmoins, comme l’a très bien résumé un des sondés, « la construction d’un réseau ne signifie pas ajouter tout et n’importe quoi sur Linkedin ».

 

Propos recueillis par Pascale Kroll 

 

Enquête sur l’accès au monde du travail des jeunes diplômés de ces fonctions professionnelles de HRcareers.  

http://www.hrcareers.fr/

Ecrit par / Propos recueillis par Pascale Kroll le 23/04/2015
Mots-clefs : fonction RH, emploi RH, métiers RH, HRcareers
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