Ressources humaines

Le DRH, le gestionnaire du chaos?

Tribune de François Geuze.
Likez JOBSFERIC sur Facebook


Dire que le travail et l’Entreprise évoluent est une évidence, même si les évidences ne sont pas toujours celles que l’on croit et que les oracles de la transformation digitale de notre économie oublient bien souvent quelques évidences et précautions d’usage. Quelle sera la part des emplois impactés par la robotisation ? Plus que les métiers manuels, n’est-ce pas les métiers dits « intellectuels » qui seront impactés ? Bien malin qui saura répondre tant les études se suivent et ne se ressemblent pas. Une évidence toutefois à laquelle je crois, le fait que ces changements devront s’accompagner d’une profonde évolution des compétences en matière de santé, sécurité et conditions de travail des professionnels RH.
Une étude menée par Référence RH avec le concours de l’AINF (www.association-ainf.com) auprès de professionnels RH, de spécialistes de la santé / sécurité au travail et de la qualité de vie au travail, dans le cadre de l'observatoire des métiers de la fonction Ressources Humaines a permis d’identifier que les professionnels RH devraient déployer au cours des années à venir de fortes compétences en matière de coordination des actions santé et sécurité au travail. Les termes santé et sécurité prenant par ailleurs des significations bien plus larges que celles initialement perçues par l’Entreprise et le législateur. Les résultats sont repris dans l'ouvrage "Quels métiers RH pour Demain ?"

 

 


Judiciarisation et « psychologisation » du travail

 

 


La perception du risque professionnel a évolué. Il n’est plus accepté comme « faisant partie du métier ». À cela s’ajoute une tendance générale à la judiciarisation de la société et des relations du travail. Parallèlement à la judiciarisation, on voit apparaître une « psychologisation » de la relation de travail. La psychologie au travers notamment de l’importance croissante des risques psycho-sociaux (ou tout du moins leur perception croissante) entre dans l’entreprise et devient un élément à prendre en compte.
Par ailleurs, les risques physiques émergents portent principalement sur : le manque d’activité́ physique, l’exposition combinée aux TMS et aux risques psychosociaux, la complexité́ croissante des nouvelles technologies, les risques plurifactoriels, la vulnérabilité́ accrue des travailleurs de faibles niveaux, l’inconfort thermique, l’exposition aux ultra-violets, l’exposition aux vibrations, aux ondes, aux postures gênantes et au travail de force.

 

Ces nouveaux risques s’expliquent par la conjugaison de trois facteurs, qui si ils sont mal articulés et gérés risquent de générer de véritables chaos dans nos entreprises :
• – les facteurs psycho-sociaux ;
• – l’intensification du travail ;
• – l’organisation du travail.

 

 


Toujours plus ...

 

 


Pour répondre à une demande de plus en plus pressante, le travailleur doit mobiliser davantage ses capacités physiques et cognitives. Mesurer l’intensification du travail ressentie est délicat car sa manifestation concrète peut prendre diverses formes : un volume d’informations plus important à gérer plus rapidement ou une recherche constante du zéro défaut. La progression des horaires atypiques, la pression du temps, l’accélération de la cadence du travail pouvant être rythmée par la machine constituent d’autres manifestations de l’intensification croissante des relations de travail. La nécessité d’acquérir régulièrement de nouvelles connaissances, le besoin de maîtriser rapidement les nouvelles technologies qui rendent obsolètes plus rapidement les techniques acquises et qui complexifient des procédures établies, contribuent à cette intensification. Certains voient dans les nouvelles technologies de l’information des complices de cette intensification.

 

 

 

Organiser dans le désordre ...

 



Enfin, le lien semble établi entre la forme prise et l’organisation de l’entreprise et la satisfaction des travailleurs. Certains types d’organisation génèrent plus de stress ou plus de TMS que d’autres. Par exemple, une entreprise caractérisée par des horaires flexibles et un rythme de travail imposé par la clientèle répond au profil d’entreprise où les travailleurs sont les plus exposés aux violences psychiques et physiques. En revanche, pour les entreprises caractérisées par un mode de travail sous automatisme, les risques les plus fréquents sont l’hyper sollicitation, les risques physiques et chimiques. Par ailleurs l’on peut constater que les nouvelles formes d’organisation déplacent les responsabilités d’une catégorie de travailleurs à une autre. Ce transfert peut être vécu comme une évolution professionnelle positive, mais un stress accru et une charge de travail supplémentaire peuvent en résulter.
Quoiqu’il en soit et quelque soit la forme de l’entreprise de demain, de nombreuses compétences complexes comme celles d’anticiper le futur et ses conséquences sur l’organisation du travail, de donner du sens à ce qui paraît incompréhensible, de redonner la priorité sur le collectif tout en maitrisant mieux la communication.

Alors prêt à travailler plus et mieux sur ces sujets avec les partenaires sociaux, les experts de l’entreprise et toutes les parties prenantes à l’amélioration des conditions de travail au sens large ?

 

 

François Geuze

 

Lien vers l'ouvrage "Quels métiers RH pour demain" sous la direction d'Aline Scouarnec et de Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy, aux éditions Dunod.  

Qui seront les DRH de demain ? Quelles compétences devront-ils maîtriser ? Dans le contexte de totale mutation que nous connaissons, les métiers traditionnels vont obligatoirement évoluer et d'autres apparaîtront...
Dans une démarche résolument prospective, les auteurs s'interrogent sur l'avenir des métiers RH à travers une quinzaine de courts chapitres.
Cet ouvrage collectif est le fruit de plusieurs années de reflexion sur l'évolution des métiers de la fonction RH. Il rassemble une dizaine d'enseignants en charge de Master 2 RH dans des universités et des écoles de Management et bénéficie du soutien de l'AGRH, de l'ANDRH et de l'Association des Masters RH-Référence RH.

 

Ecrit par François Geuze le 26/09/2016
Mots-clefs : DRH demain, métier RH avenir
Métiers associés :
A voir également

Marque employeur : se transformer de l’intérieur pour rayonner à l’extérieur

Le #présentéisme coûte 14 milliards d'euros par an en France!

Formation : que nous réserve l’avenir ? – Matinée d’échange

Commentaires sur l'article

Commenter avec :
Facebook
Google +
Derniers articles
Articles les plus lus