Ressources humaines

L’entreprise a un rôle fédérateur à jouer

Par Alain Mauriès, DRH chez Pochet.
Alain Mauriès : Dernier bastion collectif qui réunit toutes les communautés, l’entreprise a un rôle à jouer pour solidariser et unir les individus dans un projet commun porteur de sens dans leq

 

 

 

 

Jamais une année n’aura commencé sous le glas du malheur ! Au moment de souhaiter à nos proches et à nos amis tous nos vœux pour l’année 2015, l’horreur s’abat sur nous.

 

Que s’est-il passé ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Ces jeunes, que l’on côtoyait, que l’on croyait intégrés, se retournent contre notre société, au nom d’un Islam qui va à l’encontre des textes fondamentaux du Coran. Mais il y a aussi ces jeunes qui se sont convertis récemment et qui basculent dans une violence aveugle et ignoble.

 

Nous n’avons pas vu les banlieues se transformer, nous n’avons pas vu non plus nos villages et nos campagnes laisser cette jeunesse partir à la dérive.

 

Notre société républicaine, dans un contexte économique qui ne s’améliore pas, avec un chômage qui va croissant, ne peut plus leur donner de l’espoir. Ils s’interrogent sur leur avenir ? En avons-nous un d’ailleurs à leur proposer ? Plus que jamais, les événements actuels nous interrogent sur la place de l’entreprise et sur son rôle social et sociétal.

 

 

L’entreprise peut-elle faire rêver ?

 

 

Dernier bastion collectif qui réunit toutes les communautés, l’entreprise a un rôle à jouer pour solidariser et unir les individus dans un projet commun porteur de sens dans lequel chacun a sa place.

 

Nous ne sommes plus en capacité de les faire rêver, de leur montrer un idéal où chacun peut trouver sa place. Nos entreprises, nos usines ne les attirent pas alors que l’entreprise est sans doute le dernier lieu collectif où les hommes apprennent à travailler et vivre ensemble, où les différences culturelles, sociales, ethniques ou religieuses cohabitent avec des règles qui sont les mêmes pour tous.

 

Nous devons face à cela ne pas nous décourager et continuer d’intégrer dans nos entreprises ces jeunes qui ont encore le goût de l’effort. Les révoltes dans le passé ont pris d’autres formes, souvent très revendicatives, mais elles ont rarement atteint une telle violence gratuite. Ces actes sont le fait d’une faible minorité, mais ne doivent pas occulter le mal de vivre de nombreux jeunes, dont certains finissent par tomber sous l’emprise de bandes diverses.

 

Il semble incroyable que l’on puisse manipuler ces jeunes au point de leur faire croire qu’avec ces actes barbares ils deviendront des supers héros, que la lâcheté de leurs actes leur donnera la gloire alors qu’ils ne deviennent en fait que des supers zéros, des super nazes. Et pourtant, ils sont quelques-uns à avoir emprunté ce chemin, quelques-uns qui, dans le même temps, peuvent faire du tort aux musulmans français dans leur ensemble. Les amalgames seront faciles à faire par certains pour diviser notre nation.

 

Certes, ce qui vient d’arriver en France s’est produit également dans d’autres pays ; nous ne sommes pas les seules victimes de ces actes de terrorisme, mais c’est à nous de trouver la riposte et de faire valoir les valeurs de notre république pour que ces actes cessent.

 

Ramenons vers nous ces jeunes qui seraient tentés par les aventures sans lendemain, qui se terminent inéluctablement par la mort d’êtres humains (dont eux-mêmes) et tarissons la source de ces volontaires.

 

 

Le religieux en entreprise ?

 

 

Affirmons plus clairement les valeurs laïques de notre république :

 

  • Tout commence à l’école, aussi à l’instar des cours d’éducation civique que nous avons reçu, ne serait-il pas opportun de mettre en place des cours d’éducation sur les religions ? Cela permettrait de montrer ce qu’elles ont en commun, d’expliquer qu’elles ont cohabité par le passé dans plusieurs pays et qu’elles continuent de cohabiter, y compris dans nos villes.

 

La connaissance des grands principes de ces religions, serait une base du respect de la foi des autres, de ses voisins, de ses collègues. La connaissance permet d’éliminer les faux mythes et d’effacer les peurs.

 

Le vivre ensemble serait sans doute renforcé, jusque dans nos entreprises qui ont, depuis plusieurs années déjà, défini et mis en place des politiques, des actions, des mesures de nature à promouvoir la diversité. C’est un travail sans fin car, par définition, les évolutions de la Société sont continues et les entreprises doivent en permanence capter ces évolutions et s’adapter. Souvenons-nous par exemple des salles de prière qui ont été mise en place dans de nombreuses sociétés.

 

  • L’instauration de deux jours fériés ; l’un correspondant à une fête musulmane, l’autre à une fête juive qui viendraient s’ajouter aux fêtes chrétiennes et/ou en remplacement d’autres jours fériés pourrait aussi renforcer le vivre ensemble.

 

Cela serait un acte fort pour notre république laïque qui reconnaitrait alors le droit pour tous de ne pas travailler pour ces fêtes qui concernent de plus en plus de nos citoyens.

Notre société a évolué, il serait temps de prendre en compte cette évolution qui a façonné la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Rassemblons-nous pour des jours de fêtes, c’est préférable aux jours de deuil.

Ecrit par Alain Mauriès, DRH chez Pochet le 21/01/2015
Mots-clefs : Alain Mauriès DRH chez Pochet, entreprise laique, fêtes religieuses en entreprise, entreprise sociale et sociétale
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