Ressources humaines

De l'audace pour innover

Qu’est-ce qui motive les collaborateurs pour assurer la rentabilité de l’entreprise ?
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Qu’est-ce qui motive les collaborateurs pour assurer la rentabilité de l’entreprise ? Le plaisir et la satisfaction, si on résume la conférence « La logique compétence, source durable de création de valeur » organisée par la Fondation Condorcet.

« Le problème numéro un dans une entreprise, c’est le dirigeant. Celui-ci crée à partir d’une idée, d’un concept. Or les personnes qu’il embauchera par la suite ne possèdent pas forcément la même fibre, la même envie, explique Jean-Michel Lehembre, PDG de CVP (Creative Vision of Packaging). Le métier de dirigeant s'apprend pour développer le capital humain. Afin d’optimiser la gouvernance, chaque collaborateur pèse dans la prise de décision. Je possède 95 % des parts mais ne possède qu’une seule voix au même titre que les autres collaborateurs. » Il faut engager les salariés, leur donner du sens, une place, et une part de responsabilité.

Depuis 1923, La Poste est engagée dans une démarche participative. Muriel Garcia, responsable du pôle innovation participative RH et management du groupe, témoigne : « Nous produisons 11 000 idées par an et nous avons mis en place un outil en ligne pour les consulter. Nous avons élaboré un système de vote et le top ten des idées est proposé au comité exécutif. »

 

 

Travail collectif dans le bonheur

 

 

Jean-François Zobrist a été cité en exemple avec la fonderie normande FAVI (Hallencourt) qui emploie près de 450 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 81 M € en 2011. Cet ex-dirigeant est parti du principe que l’homme est bon et a eu pour volonté de stimuler le travail collectif dans le bonheur. Pour lui, l’engagement de tous assure la pérennité de l’organisation. Les gens doivent savoir pourquoi ils s’engagent. Il a fait de son entreprise l’une des plus rentables de son secteur.

Éliminer le niveau hiérarchique dans l’entreprise fait peur à beaucoup de dirigeants. Or, de nos jours, c’est la co-construction des savoirs et des connaissances qui fonctionne, et les jeunes fraîchement diplômés se heurtent souvent à des méthodes anciennes et obsolètes dans un monde où le mouvement perpétuel s’accélère au rythme des avancées technologiques. Les entreprises qui restent dans une logique taylorienne doivent évoluer et mettre en place une approche systémique globale. Pour Guy Jayne, ingénieur et auteur du livre « Organisation et logique compétence » aux Éditions de L’Atelier, il ne sert à rien d’introduire des actions innovantes telles que les cercles qualité sur un fonctionnement ancien. L’approche collective permet de décloisonner les tâches et offre aux salariés la possibilité d’exploiter la totalité de leurs compétences. La compétence collective se dégage en travaillant les uns avec les autres. La journée a également mis en avant l’importance du rôle pédagogique de la fonction RH auprès des managers. « Le management permet d’amener les gens quelque part », souligne Arnaud Groff, délégué national à l’innovation au Centre des jeunes dirigeants (CJD). Donc, il vise à redonner du sens et du plaisir.

 

 

Au-delà des frontières de l’entreprise

 

 

Dans ce contexte de décloisonnement, il est vital que les PME s’ouvrent également sur l’extérieur, insiste Jean-Michel Lehembre. Arnaud Groff assure qu’existent aujourd’hui des accompagnements pour les jeunes entrepreneurs innovants. La journée a également permis de présenter l’association Innov’Acteurs (www.innovacteurs.asso.fr). Créée en 2002, elle réunit à l’heure actuelle plus de 70 entreprises, associations, collectivités et administrations et vise à développer l’innovation participative notamment par la veille et la prospective. Elle propose entre autres un référentiel de l’innovation participative, outil de diagnostic et de pilotage utilisable pour toute organisation.

Michel Prié, président de la Commission Innovation de la Chambre de l’ingénierie et du Conseil de France (CICF) a, pour finir, donné les six ingrédients qui favorisent l’innovation. Selon lui, il faut créer son propre référentiel, mener des actions de formation et de sensibilisation des collaborateurs, accompagner le changement, trouver les bonnes sources de financement, gérer les actifs immatériels, et enfin créer une culture de l’innovation. En bref, être créatif pour changer les comportements de façon durable.

 

 

Christel Lambolez

 

 

 

Ecrit par Christel Lambolez le 11/02/2014
Mots-clefs : Innovation entreprise, fondation Condorcet, La Poste, Jean-François Zobrist, la fonderie normande FAVI
Métiers associés : Gestionnaire des carrières et des compétences
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