Ressources humaines

Les RH au centre de la transformation digitale ?

Les DRH y croient fortement au colloque « L’homme, l’avenir du numérique ».

 

 

 

 

Le mardi 20 mai 2014, l’ANDRH et Orange organisaient le colloque « L’homme, l’avenir du numérique » au sein d’Orange Labs, Jardins de l'Innovation. La transformation numérique des entreprises est au cœur des nouveaux enjeux RH.

 

 

« Le mariage entre le numérique et la vie des entreprises devient une évidence, commence Thierry Bonhomme, directeur exécutif Orange Business Services, À l’heure actuelle les salariés veulent retrouver à l’intérieur de l’entreprise le confort d’usage dont ils bénéficient grâce aux nouvelles technologies. Le mobile et le Big data par exemple vont considérablement transformer les modèles de business des entreprises. Ces dernières vont devoir collaborer avec leurs salariés mais également avec leurs fournisseurs et leurs clients.» Frédéric Oudéa, président-directeur général du Groupe Société Générale, a ensuite ouvert le colloque : « L’entreprise s’ouvre aujourd’hui sur la société. Le Big data, le Cloud ou encore la mobilité impactent fortement nos activités et nos relations avec nos clients, qu’ils soient des entreprises ou des particuliers. La banque de détail connaît des changements majeurs avec l’irruption des nouvelles technologies et il faut repenser nos métiers. À titre d’exemple, le Smartphone n’était pas un point de contact avec nos clients en 2007, alors qu’en 2013 il est placé en première position en termes de volume. Mon principal enjeu aujourd’hui est de faire en sorte que l’ensemble des équipes accepte la rupture technologique et la voie comme une opportunité, un moyen d’enrichir les rapports avec les clients. »

 

 

Garder un esprit de start-up

 

 

Aujourd’hui la banque doit accueillir sur sa plateforme de nouvelles applications digitales et favoriser l’innovation incrémentale et participative. Cette année, elle a choisi de soutenir le projet de mise en place d’un Cloud interne lors du trophée annuel de l’innovation qu’elle organise. L’innovation participative nécessite une ouverture d’esprit afin d’inciter les salariés à proposer leurs idées en toute confiance et ainsi de favoriser les initiatives. La Société Générale a donc mis en place un réseau social interne afin de casser les silos et faire circuler l’information. Son Président-directeur général assure : « C’est un véritable succès et on constate une réelle appétence pour la participation collaborative afin de répondre aux enjeux. Nous avons par ailleurs signé un accord avec Microsoft pour proposer des supports applicatifs et équiper nos collaborateurs de tablettes à tous les niveaux de l’entreprise. L’innovation doit être sponsorisée au plus haut niveau. »

La banque prend des risques et expérimente en s’engageant, par exemple, à répondre aux clients sur Twitter en moins de 30 minutes. « Nous voulons créer un état d’esprit pour continuer à garder de l’avance et développer notre agilité. Dans le monde du digital, on aura toujours plus besoin du contact humain. Il s’agit d’une réelle transformation de nos métiers. Il est incontestable, qu’il y aura moins d’agences avec le développement des nouvelles technologies et l’utilisation du mobile. Cependant, de nouveaux emplois vont émerger dans les métiers du marketing et de l’informatique. Les clients auront toujours besoin d’être accompagnés pour la confirmation des différents diagnostics. Il faut garder un esprit de conquête et de start-up ! »

 

 

Insuffler la culture du digital

 

 

Selon une enquête réalisée d’avril à mai par l’Institut Médiascopie auprès de 100 DRH, une grande incertitude subsiste quant à la direction que vont prendre les changements au sein des organisations. Pourtant les DRH se placent au centre de la transformation digitale et pensent être des acteurs directs de l’avenir de l’entreprise. Les risques identifiés de la digitalisation sont la déshumanisation, l’addiction, l’augmentation du stress et du sentiment d’urgence ainsi que le dépassement des horaires de travail. En effet, la frontière entre vie privée et vie professionnelle tend à s’effacer peu à peu et commence à soulever la question de la définition du temps de travail dans l’entreprise. Les craintes de vol ou fuites de données confidentielles sont encore peu élevées. Pour la plupart des DRH, le Graal pour gagner en performance sera la mise en commun des savoirs. Pour être compétitives, les entreprises devront être plus souples et s’adapter sans cesse. Pour Philippe Canonne, président de la Commission nationale Prospective et Innovation de l’ANDRH et DRH de la Fnac, les résultats de l’enquête montrent une réelle volonté des acteurs de se positionner dans cette transformation. Frédéric Bardeau, entrepreneur et cofondateur du projet Simplon.co, insiste : « La culture du digital doit être portée par les managers et les RH. La transformation digitale ne concerne pas l’avenir ; elle est d’actualité ! Il faut sortir de la théorie. Lors de nos formations, chaque personne est mise en situation d’apprentissage et de transmission. » « Ce sont les managers opérationnels qui vont impulser le changement, renchérit Ghislain Lescuyer, DSI du groupe Alstom, Les comités exécutifs ont également un rôle à jouer en prenant en compte les évolutions des métiers sur le terrain. Par exemple, les agents de maintenance ont pris pour habitude de prendre des photos sur le terrain et de les envoyer aux experts. Un gain de temps qui a permis d’augmenter leur productivité. Du coup, il faut réfléchir à la façon d’utiliser leur temps disponible pour développer d’autres compétences, notamment en matière de relations clients. » Selon Philippe Canonne, la vraie question à se poser n’est pas tant sur l’utilisation des outils que sur la façon de les utiliser. Il explique : « L’individu numérique ne souhaite plus être managé comme avant. La vraie question humaine est de comprendre ses attentes. Le réseau social peut porter la dictature comme la démocratie. »

De nos jours, les salariés existent sur les réseaux sociaux en tant qu’individus et n’en attendent pas moins en entreprise. Frédéric Bardeau précise : « L’outil engendre un nouveau mode de collaboration. Il est question ici de posture. On oppose souvent le monde réel au monde virtuel mais les deux sont intimement liés. » Le virtuel permet des actions concrètes qui ont des répercussions dans le réel. Les deux mondes ne sont pas séparés. Insuffler une culture du digital c’est peut-être comprendre en premier lieu que cette culture fait partie de notre quotidien.

 

 

Christel Lambolez

 

Lire également la tribune de Philippe Canonne "L'homme est l'avenir du numérique".

 

Ecrit par Christel Christel le 27/05/2014
Mots-clefs : Thierry Bonhomme Orange Business Services, Frédéric Oudéa Pdg Groupe Société Générale, ANDRH, DRH et numérique, colloque « L’homme, l'avenir du numérique
Métiers associés : DRH
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