Ressources humaines

«Le prêt de main-d’œuvre dynamise le parcours professionnel des salariés»

Entretien avec Jérôme Gonon, cofondateur de Mobiliwork.
Jérôme Gonon (à droite)
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Dans quelle mesure le prêt de main-d’œuvre est-il l'avenir des ressources humaines, selon vous ?

 


Il s'agit d'une nouvelle vision du salarié liée au contexte de travail actuel avec les nouvelles technologies et le fait que tout va très vite. Ce nouveau statut du collaborateur, qui passe par la mobilité temporaire, est plus adapté au monde d'aujourd'hui, et c'est à son bénéfice comme à celui de l'entreprise. Le prêt de salariés offre de la flexibilité. S'il y a une baisse temporaire de l'activité, une société peut mettre ses collaborateurs à disposition d'une autre en facturant leurs salaires. Elle évite ainsi le licenciement ou le chômage partiel. Le prêt permet aussi aux entreprises de rester compétitive. Par exemple, une société peut avoir besoin de former ses salariés sur de la blockchain. Une manière de le faire consiste à leur proposer de travailler dans une entreprise spécialisée sur la question. Les entreprises peuvent aussi avoir recours au prêt de salariés pour la gestion des professionnels en réorientation ou des expatriés qui sont de retour.

 

 

Quels sont les bénéfices côté salariés ?

 


La mobilité inter-entreprises apporte une dynamisation de leur parcours professionnel tout en conservant un CDI. Ils gagnent en agilité parce qu'ils vont découvrir de nouveaux environnements de travail. C'est aussi l'occasion de découvrir le monde des start-up ou des PME pour des collaborateurs qui travaillent dans des grands groupes et vice-versa. La mobilité leur apporte aussi beaucoup en terme de savoir être. Enfin, cela peut être une occasion pour eux de se diversifier en découvrant des secteurs différents.

 

 

Sont-ils prêts pour ce genre d'expérience ?

 


Nous sommes dans un monde en mouvement. Les compétences deviennent obsolètes très rapidement et il faut les renouveler en permanence pour rester employable. Le prêt est un moyen de se former et d'acquérir de l'expérience en externe, ce qui correspond aux nouvelles attentes des salariés. Ils ne s'intéressent plus à une carrière linéaire et sont moins attachés à la sécurité absolue du CDI mais ils veulent diversifier leurs expériences. Ils développent ainsi leur employabilité. Mais il faut tout de même une bonne communication du côté de l'entreprise. Le salarié doit comprendre que l'objectif ne consiste pas à se débarrasser de lui. Au contraire, il faut lui faire comprendre que si vous lui proposez cette opportunité, c'est parce que vous investissez en lui !

 

 

Qu'en est-il des entreprises, montrent-elles des réticences ?

 


Oui, car il s'agit encore d'une innovation. Le prêt est dans un stade de déploiement, ce n'est pas encore généralisé. Les entreprises peuvent craindre de perdre leurs salariés, un manager peut s'inquiéter de ne pas avoir son collaborateur pendant trois mois. Un des façons de lever ces freins, c'est de proposer une durée de prêt assez limitée pour commencer. Par exemple, un mois est une durée sur laquelle un manager peut s'organiser. C'est une manière d'aborder le dispositif. Un autre sujet de réticence concerne la confidentialité. La réponse à cette question est juridique : les salariés signent une clause en la matière, ce qui rassure les entreprises qui utilisent nos services.

 


Votre start-up se spécialise sur cette mobilité inter-entreprises. En quoi votre offre se différencie-t-elle de ce qui existe sur le marché ?

 


Notre focus porte uniquement sur la mobilité temporaire. Contrairement à d'autres acteurs qui se spécialisent sur le digital, nous mettons nos services à disposition de toutes les entreprises, quels que soient le secteur et la taille. Notre vision concerne pour l'instant le niveau national, mais nous visons pour la suite l'international. Quant au prêt lui-même, il se fait par bassin d'emploi, dans un rayon relativement limité. Le salarié a souvent des contraintes personnelles auxquelles on doit s'adapter. Nous avons donc développé un outil Web qui nous permet de fluidifier les mobilités. Nous mettons enfin l'accent sur la notion de confiance car, si les entreprises ont besoin d'être rassurées, et si le collaborateur doit être motivé, il doit aussi être bien accueilli. Par ailleurs, la mission doit être intéressante. Dans ce but, nous avons instauré une fonctionnalité de groupes privées pour créer des communautés d'entreprises et ainsi, faire naître des relations de confiance.

 

 

 

Propos recueillis par Chloé Goudenhooft

 

 

 

Fondée en septembre 2015 par Benoît Monnier et Jérôme Gonon, Mobiliwork est une plate-forme qui organise la mobilité temporaire des salariés entre différentes entreprises.

 


Jérôme Gonon‏

@jg_mobiliwork

 

@mobiliwork

 

 

Ecrit par / Propos recueillis par Chloé Goudenhooft le 09/02/2018
Mots-clefs : Mobiliwork, start-up RH, tendances RH, mobilité, innovation RH, prêt de main-d'oeuvre, plateforme
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