Ressources humaines

Les universités européennes innovent et font appel au mécénat !

Un entretien avec Jean Chambaz, président de l’UPMC et membre du board de l’EUA.
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Un entretien avec Jean Chambaz, président de l’UPMC et membre du board de l’EUA, European University Association et de la Conférence des présidents d’université (CPU).

 

 


Comment les universités répondent-elles aux attentes des entreprises à l’heure actuelle ?

 

 

Nous sommes à l’écoute de leurs besoins et les liens que nous entretenons avec la communauté RH sont essentiels afin de mieux comprendre les enjeux des entreprises. Nous mettons en place des programmes, notamment de mécénat, afin de fournir des passeports qui conduisent de jeunes lycéens brillants à un niveau Master. Le groupe Safran a été notre premier mécène, avec une cinquantaine de bourses allouées et du tutorat en entreprise, et nous étendons la démarche à d’autres entreprises. Elles participent également à notre Conseil de perfectionnement.L’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) a complètement transformé les programmes de la licence en permettant aux étudiants de combiner les disciplines en fonction de leurs projets professionnels.

Enfin, les universités tendent à se rapprocher. De notre côté, nous fusionnons avec l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) dès le 1er janvier 2018. L’entité unique regroupera 54 000 étudiants et sera baptisée Sorbonne université. Nous ouvrons le champ des possibles en leur donnant accès aujourd’hui à une multitude d’options possibles : aussi bien en médecine et en sciences qu’en lettres, langues, ou encore sciences humaines et sociales.

 


Vous avez organisé en septembre dernier à Paris le premier forum européen sur l’innovation pédagogique : «Enseigner et apprendre : relevons ensemble les défis». Quel est le positionnement des universités européennes aujourd’hui ?

 


Nous voulons pleinement jouer notre rôle de contributeur au développement économique et social. Nous avons organisé un forum en septembre dernier pour échanger sur l’ensemble des problématiques rencontrées par les universités européennes. Les débats ont essentiellement porté sur l’innovation pédagogique et les nouveaux enjeux sociétaux, en prévision de la Commission ministérielle de 2018 qui va faire le point sur le processus de Bologne*.
Vingt ans plus tard, nous devons répondre à de nouveaux enjeux dont ceux de l’impact de la globalisation et de la révolution numérique. Aujourd’hui, n’importe qui peut avoir accès à une information pléthorique et l’enseignement doit évoluer pour permettre de trier, évaluer et traiter l’ensemble des données disponibles. Nous devons développer l’esprit critique de nos étudiants et les aider à construire leur propre parcours en développant leur autonomie et leur créativité.

 


Quelles ont les innovations pédagogiques des universités européennes ?

 

 

L’enseignement supérieur doit s’organiser pour bâtir des programmes visant à développer des compétences transversales et permettre aux individus d’apprendre tout au long de leur vie professionnelle. Les universités européennes remettent l’étudiant au centre du processus éducatif. Elles mettent en place des ateliers de recherche, des « Fablabs » ou encore des « GreenLabs », diffusent plus largement les stages et l’apprentissage. Le tutorat et les échanges ont une part très importante dans la pédagogie. A l’UMPC, nous avons crée le « TeachingLab », lieu de rencontres et d’information. Dès la première année, des crédits à l’insertion professionnelle peuvent être alloués. Nous demandons par exemple aux étudiants de s’informer sur l’évolution des métiers et les meilleurs parcours professionnels pour développer leurs compétences en vue d’un poste. Nous les incitons très tôt à trouver leur voie. L’étudiant est désormais considéré comme un acteur de sa vie professionnelle.

 


Qu’attendez-vous des entreprises pour mieux former les profils dont elles ont besoin ?

 


Nous souhaitons que les entreprises s’investissent davantage par le biais du mécénat. Les universités se mettent même à faire des levées de fonds. Nous avons mis en place à l’UMPC un incubateur dans le cadre du PIA (programme d’investissements d’avenir). D’ci trois ans, nous aurons un bâtiment de 15 000 m2 dédié à la relation universités-entreprises. Nous y accueillerons de nombreuses start-up.
Notre transformation est majeure car nous ne raisonnons plus par dichotomie en opposant la formation initiale à la formation continue. Aujourd’hui, nous mettons la formation en pratique tout au long de la vie et nous œuvrons pour accueillir des publics différents.

 

 

Propos recueillis par Christel Lambolez

 

 


* Le processus de Bologne est un processus de rapprochement des systèmes d’études supérieures européens, commencé en 1998 et qui a conduit en 2010 à l’espace européen de l’enseignement supérieur qui regroupe 47 états.

 

Ecrit par / Propos recueillis par Christel Lambolez le 22/12/2017
Mots-clefs : Universités, Jean Chambaz président de l’UPMC et membre du board de l’EUA
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