Ressources humaines

Les salariés français n’ont pas encore compris les vrais enjeux des MOOCs!

Par Frédéric Mischler.
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Alors que les tout premiers MOOCs lancés en France datent à peine de fin 2012, début 2013, on dénombre aujourd’hui plusieurs centaines de MOOCs francophones disponibles. Sans même parler des milliers de MOOCs proposés à travers le monde, sur un nombre sans cesse croissant de plateformes dédiées. De fait, le développement des MOOCs connaît en tout état de cause une croissance exponentielle en terme d’offre.

 

 

Pour autant, selon une perspective qui pourrait paraître paradoxale, malgré ce développement, le caractère d’accessibilité et de gratuité des MOOCs, et pour bon nombre d’entres eux, leur qualité; une large part de la population française reste encore dans l’ignorance de ce qu'est un MOOCs. Qui plus est, en regard des bilans réalisés à l’issue de nombreux MOOCs, les étudiants et les personnes en recherche d’emploi ne sont pas particulièrement présentes sur les plateformes de MOOCs, et ne s’inscrivent donc pas à ce jour, dans cette dynamique d’apprentissage. Ainsi, plus largement, alors que la plateforme anglaise, FutureLearn comptait 2,5 millions d'apprenants fin 2015, son équivalent français, la plateforme FUN n'en comptait qu’environ 570000.

 

 

Alors, certains argueront que les MOOCs ne sont pas adaptés à tout le monde… que les taux de « complétion », c’est à dire les taux d’apprenants inscrits finalisant leur parcours « ne sont que d’environ 10% », etc. Et si en fait, la problématique de fond aujourd'hui, n’était plus de cet ordre et n’était pas nécessairement à rechercher strictement et uniquement « du côté » des MOOCs ? Et si dès lors nous prenions la problématique à l’envers ? Et donc, et si en fait les MOOCs n'étaient finalement de manière inversée, que le révélateur d’une problématique de plus grande ampleur, à savoir une large partie de population ayant perdue le goût d’être autodidacte, ayant perdue en autonomie, et devenue alors insuffisamment adaptable en regard des nouvelles réalités ?

 

 

En effet, à l’ère d’une obsolescence programmée des connaissances et des compétences selon une temporalité de plus en plus réduite, quel est l’investissement le plus pragmatique et important qui puisse être, si ce n’est celui du choix de se former, et de prendre le temps pour le faire ? Or, nous évoluons encore et continuons à réfléchir selon le prisme et dans le cadre d’un système éducatif pensé il y a plus d’un siècle, et dans un système de « formation professionnelle » imaginé dans les années 1970… il y a bientôt 50 ans ! Et si notre force du passé devenait aujourd’hui notre principale faiblesse ? Tout comme par analogie, les entreprises leaders de l’automobile d’aujourd’hui ne sont pas d’anciennes compagnies, en leur temps « leader sur le marché des calèches ». Ou comme Nokia, leader de la téléphonie mobile en 2006, qui n’a pas survécu au bouleversement introduit par l’arrivée d’Apple et de l’iPhone sur son marché en 2007. Ou est-il encore utile de rappeler l'histoire de Kodak ?

 

 

Dès lors, en d’autres termes, et si sur le registre de la formation et du développement des compétences, le fait de ne pas s'intéresser aux MOOCs et de ne pas faire le choix de se former via ce nouveau vecteur, était de nature à faire de nous, à titre individuel et plus collectivement, des Nokia ou Kodak en puissance, s’agissant de notre employabilité, de notre développement et devenir professionnel ? En ce sens, il est d'ailleurs à noter que d’un coté, pendant qu’en France, bon nombre d’individus souhaitant se développer et suivre une formation, commencent par se poser la question du « comment la faire financer », de l’autre, un tiers des inscrits sur la plateforme américaine Coursera est issu de pays émergents, tout comme 17% des inscrits aux MOOCs sur la Plateforme FUN proviennent d’Afrique.

 

 

Bref, et si finalement, nous étions victime du syndrome de « l’enfant trop gâté », en n’étant plus en capacité de prendre conscience de la chance et de l’opportunité qui nous est offerte, d'une ouverture en matière d'accès à la connaissance et à des formations dispensées gratuitement par des structures prestigieuses, grâce au MOOCs ? Et ceci, de manière plus simple et plus large, sans critères d’âge, de lieu de résidence, de statut social, de niveau d’études, d’expérience professionnelle, de revenus ! Et si dès lors, les MOOCs étaient révélateur du fait que nous avons finalement plus fondamentalement besoin de sortir de nos formatages de pensées, pour juste réapprendre à apprendre et surtout retrouver le goût d’apprendre, pour nous-même et par nous-même ?

 

 

Frédéric Mischler

 

 

Titulaire d’un DESS RH, Frédéric a exercé durant 13 ans des responsabilités RH dans des groupes comme TRW ou STMicroelectronics. Il crée le blog Innovations et RH en 2011 et devient ainsi l'un des premiers RH de terrain, à partager et à porter l'ambition d'innover dans les RH. Le blog sera consacré « meilleur blog RH de l'année » par le prix #Sourisdor de l’ANDRH en 2014. Porté par ces différentes dynamiques, Frédéric fonde Humaineo en 2013, dans l'esprit du Développement des Réussites Humaines, et pour accompagner ainsi plus largement les entreprises dans leurs transformations et démarches d'innovations RH.

Ecrit par Frédéric Mischler le 20/07/2017
Mots-clefs : MOOC, digital et formation, avenir de la formation
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