Ressources humaines

Le numérique sera ce que nous en ferons

Par Bruno Mettling, DRH d'Orange.
Bruno Mettling a rendu mardi dernier son rapport « Transformation numérique et vie au travail ».
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Je suis de ceux qui pensent que la transformation numérique est d’abord une chance qu’il convient de saisir, qu’elle induit une profonde transformation qui suppose de s’adapter pour en capter les opportunités mais aussi d’anticiper les risques, de définir de nouveaux droits pour les salariés en général et les salariés du numérique en particulier.
Elle doit permettre la mise en place progressive de nouvelles organisations du travail plus transversales, plus souples, de nouveaux modes de fonctionnement, plus coopératifs et plus collectifs qui répondent à des maux, à des excès de l’entreprise d’aujourd’hui et d'un modèle taylorien à bout de souffle.

 


Cela suppose aussi le développement, pour avancer au rythme souhaitable, d'outils nouveaux, une coopération entre acteurs de l'écosystème, une transformation culturelle profonde des entreprises qui reste pour l'essentiel à engager.


L’enjeu pour nos entreprises est donc bien d’anticiper les changements à l’œuvre afin de :
- parer les risques qu’ils comportent : hyper connexions professionnelles, infobésité, l’articulation entre vie privée et vie professionnelle qui se complexifie comme en témoignent les études du Boston Consulting Group, …
- saisir les potentialités qu’ils recèlent (agilité, simplification, révolution de la connaissance …), et être capables d’en initier d’autres afin que la performance économique s’accompagne d’une amélioration de la qualité de vie au travail.
Pas de performance économique sans performance sociale et réciproquement !

 

J’ai rédigé le rapport qui m’a été commandé pour que la ministre du Travail puisse être celle du quotidien des millions de salariés dans les conditions de réalisation de leur travail en tentant de concilier les différentes sensibilités du monde du travail et de l’entreprise. Il dresse des préconisations sur des sujets qui me semblent majeurs comme :
- la mobilisation des moyens de formation afin d’accompagner la transition numérique ;
- La complétude du droit de déconnexion par le devoir de déconnexion ;
- L’adaptation pour les travailleurs du numérique concernés le droit français pour sécuriser le forfait jour ;
- La réinscription des nouvelles formes de travail dans notre système de protection sociale ;
- sans oublier l’objectif d’intégration de la parité hommes/femmes dans la transformation numérique ou le soutien du management de proximité.

 

La mise en place des propositions du rapport doit permettre à notre pays de capter la part de bénéfices (notamment en termes d’emplois) attendus de la transformation numérique. Cela nécessite :
- une approche équilibrée, refusant en particulier que le numérique ne soit le prétexte à remettre en cause les fondements de notre modèle social ;
- qu’une attention particulière soit portée à la situation des emplois des plus fragiles en entreprise de manière à ce qu’anticipation et formation permettent de limiter les risques de déqualification et d'exclusion ;
- que le développement de nouveaux modes d’emploi, qui est aussi inéluctable qu’opportun, s’accompagne de règles du jeu claires, touchant notamment aux modes de contribution et au financement de la protection sociale. La vraie défense du salariat c’est de pouvoir l’adapter pour qu’il constitue le cadre d’accueil naturel de la majorité des nouveaux emplois du numérique sans mettre à bas le socle de protections qu’il assure, c’est ça le sens profond des recommandations de mon rapport.

 

Il était urgent de mettre fin à ce paradoxe qui voit plusieurs millions de salariés de nos entreprises amenés à adapter leur quotidien de travail à la diffusion des outils numériques, sans que cette question n’ait été réellement abordée au niveau national, que ce soit dans le cadre du dialogue interprofessionnel ou des récents débats législatifs.

La nouvelle ministre du Travail a souhaité y mettre fin et engager cette réflexion nationale au travers de la prochaine conférence sociale comme le rapport le préconisait. Ce qui me rend optimiste sur les suites données à ce travail.

 

 

Le DRH d’Orange, Bruno Mettling, a remis mardi 15 septembre son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Le rapport met en avant les effets de la transformation numérique sur le monde du travail.

6 impacts majeurs de la transformation numérique ont été identifiés :

- La diffusion massive de nouveaux outils de travail
- L’impact sur les métiers et les compétences
- L’impact sur l’organisation du travail
- L’impact sur le management
- De nouvelles formes de travail hors salariat
- L’environnement de travail des cadres

Face à ce constat, le rapport présente 36 préconisations permettant d’accompagner la transition numérique.

 

 Téléchargement : Rapport "Transformation numérique et vie au travail"

 

 

Ecrit par Bruno Mettling le 18/09/2015
Mots-clefs : Le DRH d'Orange Bruno Mettling, rapport « Transformation numérique et vie au travail »
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