Ressources humaines

Le jeu permet de diffuser des micro-connaissances

Un entretien avec Matthieu Le Vavasseur, le CEO de Sparted.



Quelle forme prendra la formation à l'avenir, selon vous ?

 

 

Notre conviction, c'est que l'on va s'orienter de plus en plus vers du blended learning. La formation est plus riche si plusieurs modalités sont offertes à l'utilisateur. Le présentiel existera toujours parce qu'il apporte un niveau qualitatif très élevé. Mais le micro-learning viendra compléter cette offre
pour rentabiliser les autres dispositifs et occuper le terrain de la mémoire, tout en ajoutant des petits éléments de connaissance. Cette forme radicalement différente va se généraliser parce que cela va dans le sens de l'apprenant. L'utilisateur digital a des attentes, il a besoin de plaisir. C'est pour cela que nous avons décidé de recourir au jeu et à la micro-formation : pour aider les collaborateurs à mieux retenir.

 

 

Comment vous est venue cette idée ?

 

 

Nous avons voulu répondre à un problème. Les programmes de formations classiques, très structurés et académiques, échouent à créer des connaissances top-of-mind, c'est-à-dire que les collaborateurs retiennent, et à générer de manière durable de la culture et des réflexes opérationnels. L'expérience des dispositifs en présentiel et en e-learning est jugée ennuyeuse. Il y a aussi un manque de fréquence pour qu'un vrai apprentissage se mette en place, et démultiplier les jours de formations serait trop coûteux pour l'entreprise. Ces démarches sont très efficaces pour des connaissances ciblées, mais elles ne sont pertinentes que pour des personnes déterminées. A cela s'ajoute le fait que la transformation digitale a changé notre manière de consommer l'information. Il y a une volonté de comprendre avec une impatience accrue mais il faut que ce soit « painless », toujours plus facile et rapide. Enfin autre constat sociologique, le succès du jeu sur mobile. La stratégie de rétention des éditeurs repose non pas sur le fait de vous faire rester longtemps sur l'appli, mais de vous faire utiliser le jeu de façon aussi fréquente que possible, en utilisant les ressorts de la frustration. Or, ces mécanismes de rétention agissent sur l’intégration de l'information.

 


En quoi votre application se différencie-t-elle du marché ?

 

 

Notre approche est non conventionnelle, elle mise sur une expérience d'apprentissage courte, fréquente, sociale et fun. Nous avons développé une méthode qui vient en rupture avec l'approche décrite précédemment mais tout en lui étant complémentaire. Il s'agit de trois minutes de jeu par jour, chaque jeu étant adapté à la demande de l'entreprise. Les périodes s'étalent sur des campagnes dédiées d'une à deux semaines qui reviennent chaque mois. Le principe est fondé sur l'autonomie de l'apprenant. Le joueur est challengé, ensuite il est exposé à une micro-connaissance sous la forme de quelques question-réponse. A l’aspect « easy », s'ajoute le recourt à l'image et à la vidéo qui provoque de la dopamine, ce qui favorise l'envie de revenir. Nous avons aussi ajouté une dimension sociale avec l'acquisition de points, des cadeaux, des niveaux à franchir. Les joueurs sont classés en temps réel, ils peuvent aussi s'affronter lors de duels, ce qu'ils apprécient beaucoup. Pour les solliciter, nous avons conçu un système de push. Des notifications permettent d'aller chercher le joueur et peuvent être personnalisables. L'outil est également utilisable en off line et peut être utilisé à l'international.

 


N'y a-t-il pas un risque de franchir la ligne entre vie privée et vie professionnelle et d'entraver ainsi le droit à la déconnexion ?

 

 

Nous n'avons pas eu de plaintes en ce sens là. Le jeu n'est pas obligatoire et il ne dure que trois minutes sur des campagnes de temps précises. De manière générale, nous n'avons rencontré aucun frein à la mise en place de la plate-forme auprès de nos clients.



 

 

Chloé Goudenhooft

 

 

Créée en 2014, Sparted s'est donnée pour mission d'aider les entreprises à transformer leurs collaborateurs en apprenants quotidiens grâce à une plate-forme de micro-learning en marque blanche qui prend la forme d'un jeu mobile.

Ecrit par Chloé Goudenhooft le 19/07/2017
Mots-clefs : formation, blended learning, Matthieu Le Vavasseur CEO de Sparted, serious games, micro-learning
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