Ressources humaines

La métamorphose des universités européennes

Un entretien avec Tia Loukkola, directrice, European University Association (EUA).
"Les universités européennes nouent de plus en plus de liens avec leur écosystème d’entreprises."
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Pouvez-vous nous présenter votre association et les axes forts de votre développement stratégique ?

 

 

Nous représentons les universités installées dans 48 pays de L'espace européen de l'enseignement supérieur (EEES) et existons depuis 2001. Nous avons environ 800 membres. Nous œuvrons pour développer leur développement institutionnel et améliorer leur gouvernance. Nous les représentons au niveau des instances européennes.
Nous réalisons par ailleurs de nombreuses études sur l’Education supérieure dans les différents pays de l’Union Européenne. Nous sommes partie prenante du processus de Bologne qui réfléchit au futur de l’enseignement supérieur et permet d’améliorer la collaboration entre les parties prenantes des 48 pays concernés (ministères, universités, agencies de qualité, étudiants notamment). De nombreuses réflexions sont également menées sur le financement du secteur universitaire, via notamment notre Observatoire du financement public..

 

 

Quelles ont aujourd’hui les tendances en matière des évolutions pédagogiques au sein des universités ?

 

 

Les décisions les plus significatives concernant l’enseignement supérieur sont prises à l’échelon local. Chaque Etat décide de sa propre politique. On constate néanmoins qu’une plus grande autonomie est laissée à l’heure actuelle aux universités. La France est en retard en la matière par rapport aux autres pays car les programmes d’étude continuent à être imposés. De manière générale, les budgets de fonctionnement ont été réduits jusqu’à 30% dans de certains pays. Il est important de souligner que de nombreux efforts ont été menés pour moderniser la pédagogie et de nombreuses expérimentations sont menées pour introduire de nouvelles techniques pédagogiques comme le e-learning ou la classe inversée ou « flipped classroom » qui modifie les rôles traditionnels d’apprentissage. On incite notamment les étudiants à apprendre par eux-mêmes afin de développer leur autonomie et de mieux les préparer au monde du travail.

 

 

Quelles sont les forces et faiblesses de l’Europe en matière d’enseignement supérieur ?

 

 

Les pays émergents et asiatique ont beaucoup investi dans la recherche et remontent dans les classements internationaux. Nos universités essaient quant à elles de trouver un juste équilibre entre la recherche et l’amélioration des programmes pédagogiques. Nous subissons également de nombreuses régulations qui nous empêchent de laisser libre cours parfois à notre potentiel créatif.
Il est difficile pour autant de faire des généralités car chaque université possède sa propre particularité : certaines se concentrent sur la recherche, d’autres font le choix de former les profils nécessaires aux entreprises de leur bassin d’emploi.
La force des universités européennes c’est d’avoir développé depuis les années 90 la mobilité des étudiants, notamment grâce au programme Erasmus. Nous avons su créer des communautés dans des domaines d’expertise différents.

 

 

Est-ce que la part consacrée à la formation continue va progresser dans vos programmes ?

 

 

Il s’agit d’un sujet de plus en plus prégnant. Nous devons investir davantage dans la formation continue. La tendance est au développement des stages en entreprises pendant les cursus mais les politiques varient beaucoup d’une université à l’autre, et d’une discipline à l’autre.

 

 

Quel sera selon vous le futur de l’université ?

 

 

Les universités européennes nouent de plus en plus de liens avec leur écosystème d’entreprises. Les universités peuvent jouer un rôle encore plus important dans la société et continuent à être une référence en matière d’enseignement. Quand les Moocs sont arrivés sur le marché de la formation, beaucoup d’acteurs ont pensé que c’était la fin des universités. Or les meilleurs cours que l’on peut trouver aujourd’hui en ligne ont été conçus par des universitaires. Aujourd’hui, la tendance forte est au blended-learning.
Les universités adapteront toujours leurs programmes en fonction des usages et des évolutions technologiques et resteront dans la course !

 

 

Propos recueillis par Christel Lambolez

 

 

Tia Loukkola, directrice, Institutional Development European University Association (EUA).

 

@euatweets @TiaLoukkola

 

 

 

Ecrit par / Propos recueillis par Christel Lambolez le 21/12/2017
Mots-clefs : Universités européennes, innovations pédagogiques, Tia Loukkola Institutional Development European University Association (EUA)
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