Ressources humaines

La QVT au service de la transformation des métiers

Marie Langlade Demoyen, directrice de la responsabilité sociale au travail.
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Quels sont les champs que vous couvrez en matière de responsabilité sociale au travail ? Pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes passé d’une politique de gestion des risques à une démarche proactive en matière d’amélioration des conditions de vie au travail?

 

 

Je suis en charge de la direction de la responsabilité sociale au travail qui traite de sujets RSE centrée autour du collaborateur : politique handicap et inclusion, santé, qualité de vie au travail, nutrition. Notre politique en la matière a évolué depuis une dizaine d’années. Au départ, nous nous préoccupions de prévenir et de traiter les risques notamment psychosociaux. Notre démarche a évolué pour intégrer une dimension plus proactive et positive au travers d’une démarche de qualité de vie au travail qui identifie les facteurs de protection et plus uniquement les facteurs de risque.

 

En 2009, nous avions mis en place un « Observatoire du stress » que nous avons remplacé par un « Observatoire sur les conditions de vie au travail » suite à notre accord sur les conditions de vie au travail signé en 2015 avec les partenaires sociaux. Son champ d’investigation a été élargi à la mesure du bien-être de nos salariés. Son rôle est par exemple d’évaluer le niveau de satisfaction de nos salariés sur les relations interpersonnelles au travail, l’autonomie et la latitude décisionnelle, ou encore l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Nous avons dénombré huit dimensions et identifié des indicateurs de mesure. Nous travaillons en étroite collaboration avec la médecine du travail et les syndicats. Tous les ans, nous mesurons le niveau d’engagement de nos collaborateurs au travers d’un baromètre monde. Nous sommes en pleine réflexion pour faire évoluer celui-ci de manière à le rendre plus agile.

 

 

Dans un contexte d’accélération et de transformation de vos métiers, comment faites-vous pour continuer à assurer cette qualité de vie au travail?

 

 


La réglementation en France oblige l’employeur à veiller à la santé physique et psychologique des collaborateurs. L’évolution des métiers génère du stress car beaucoup de métiers sont impactés par les nouvelles technologies. La démarche QVT vise avant tout à accompagner nos collaborateurs dans cette transformation de nos métiers et organisations. Nos enquêtes internes nous montrent qu’il y a des disparités au sein des agences en terme de conditions de vie au travail. On s’est aperçu qu’existaient des distorsions importantes selon les entités. Ceci prouve bien qu’il n’y a pas de fatalité et que nous pouvons mettre en place des actions correctives afin d’améliorer le mieux vivre au travail. Nous travaillons sur des plans d’action et il y a des marges de progression importantes pour diminuer le stress et améliorer le bien-être. La qualité du management et de l’organisation sont les premiers facteurs d’amélioration. Il en est de même au sein des CRCM (plateformes téléphoniques) ou PSC (Pôles Service Clients). Face à la digitalisation, certains métiers sont plus en difficulté que d’autres. Nous avons mené dans le passé des diagnostics sur certains métiers en partenariat avec l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) conduisant à la mise en place de plans d’actions visant à améliorer les conditions d’exercice de ces métiers.

 

 


Que pensez-vous de la tendance actuelle à vouloir créer des postes de Chief Happiness Officer (CHO) pour favoriser la bonne ambiance et le bonheur au travail ?

 

 

Je préfère parler de «conditions de vie au travail» que de « « bonheur au travail» car cette dernière formulation me semble desservir la cause initiale et revêt un aspect plus futile. Nous avons signé un accord sur les conditions de vie au travail qui identifie les leviers de la qualité de vie au travail que son notamment l’organisation du travail, le rôle du management, la qualité du collectif de travail, l’environnement de travail. Le bonheur est un sujet qui repose sur une démarche plus personnelle.

 

 

Le télétravail est en plein boom et renforcé par les ordonnances Macron. Est-il facile à déployer au sein de la Banque ?

 

 

Il y a quatre ans nous n’avions aucun télétravailleur. Aujourd’hui nous en comptons 6300 en France et 10000 au niveau mondial ! Nous avons débuté par une phase d’expérimentation en 2013 qui concernait 400 personnes. Nous avons aujourd’hui des retours très satisfaisants de la part des collaborateurs et des managers. Les managers pensent à 96% que le télétravail a maintenu voire amélioré la performance et 9 collaborateurs sur 10 déclarent qu’il a amélioré l’équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle. Tous les ans, nous faisons une enquête dédiée au télétravail afin de recueillir les avis des collaborateurs, des managers mais également de ceux qui travaillent avec les télétravailleurs. Bien entendu, le travail à distance ne concerne pas les salariés en contact avec la clientèle ou ceux qui manipulent des données sensibles comme les traders.
Le taux de télétravail atteindra fin 2017 près de 17% au sein de nos entités en France et près de 40% au siège social de l’entreprise. Le télétravail ne s’inscrit plus désormais dans le cadre d’une expérimentation mais d’un dispositif pérenne au travers d’un accord à durée indéterminée signé avec nos organisations syndicales. Son développement ambitieux nous incite à repenser nos façons de manager, de faire confiance et de redonner de l’autonomie aux collaborateurs. Nous avons récemment mis en place le «flexoffice» au sein de notre technopôle des Dunes, à l’est de Paris. Laboratoire de tendances en matière de qualité de vie au travail, il permet d’envisager la banque du futur dans un environnement ouvert, collaboratif et connecté.

 

 

Propos recueillis par Christel Lambolez

 

 

Marie Langlade Demoyen est directrice de la responsabilité sociale au travail au sein de Société Générale.

Ecrit par / Propos recueillis par Christel Lambolez le 28/09/2017
Mots-clefs : QVT, santé, qualité de vie au travail, management, transformation, Marie Langlade Demoyen, responsabilité sociale au travail Société Générale, RSE
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