Ressources humaines

L’ANDRH assoit son ancrage territorial et se digitalise

Un entretien avec Bénédicte Ravache, secrétaire générale de l’ANDRH.
Bénédicte Ravache a été nommée secrétaire de l’Association Nationale des DRH (ANDRH) en novembre 2015.

 

 

 

 

Bénédicte Ravache a été nommée secrétaire générale de l’Association Nationale des DRH (ANDRH) en novembre 2015. Elle succède à Catherine Carradot. Diplômée de l’Université de Paris X, Sciences Po Paris et EMBA HEC, elle a débuté sa carrière comme professeur de philosophie en Arabie Saoudite pendant 7 ans ; elle a ensuite rejoint la fonction RH en 2007 et a été de 2011 à 2015 DRH Groupe de la société de conseil Julhiet-Sterwen (ex Bernard Julhiet).

 

 


Quel est le rôle dévolu à l’ANDRH et quelles sont les actions que vous mettez en place à l’heure actuelle ?

 

 


L’ANDRH est une association qui tire sa légitimité de son antériorité, son caractère non lucratif, son ancrage territorial, son influence auprès des pouvoirs publics, sa capacité d’innovation et de son réseau international. Elle fêtera ses 70 ans en 2017. Ce n’est pas au sens strict un « partenaire social », mais c’est un acteur majeur du débat économique, social et sociétal. Sa vocation est servir la profession et le développement professionnel de ses membres. La RH est une pratique quotidienne sur le terrain, notamment dans ses échanges avec les interlocuteurs publics comme le Pôle emploi et les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte). L’association permet aux professionnels d’échanger sur leurs bonnes pratiques et de bénéficier d’une ouverture grâce à la diversité de ses membres issus d’entreprises de taille différente, de différents secteurs d’activité, de la sphère publique ou de la sphère privée. Cela permet de sortir des logiques de branche et d’élargir le champ des discussions.
Notre principal enjeu à court terme est de développer et renforcer les groupes locaux pour affirmer l’assise locale de l’ANDRH, après une année très orientée vers l’international. Le contexte politique remet aujourd’hui au centre des sujets les territoires.

 

 


L’ANDRH souhaite prendre un virage digital également. Comment cela va-t-il se traduire concrètement ?

 

 


Les interactions entre nos membres peuvent être démultipliées grâce au digital et la diffusion des bonnes pratiques optimisée. Nous voulons aider les groupes locaux à se développer notamment en les dotant de nouvelles solutions collaboratives. Il ne faut pas oublier que les groupes sont animés bénévolement et nous souhaitons faciliter au maximum la tâche des président(e)s et des comités d’animation.
Par ailleurs les différents groupes ont également besoin d’échanger entre eux car ils connaissent des problématiques similaires telles que l’attractivité des territoires ou l’engagement des jeunes professionnels. 70% de nos adhérents ne sont pas situés à Paris ou en région parisienne et nous voulons que les travaux de nos Commissions nationales soient davantage diffusés sur le Net afin que l’ensemble des membres y ait accès plus facilement. Nous réfléchissons actuellement à la création d’un réseau social interne.

 

 


Comment comptez-vous affirmer votre voix auprès des pouvoirs publics ?

 

 


La diversité de nos membres est une richesse. Nous rassemblons des situations très différentes qui n’ont pas toujours un intérêt convergent. Nous n’avons donc pas vocation à devenir un « lobby » mais à renforcer notre position d’influenceur, de porte-parole des professionnels RH. Nous avons l’objectif de devenir un acteur encore plus influent auprès des pouvoirs publics grâce à un dialogue constant. Nous nous inscrivons dans la constance et la continuité pour être force de proposition en matière d’innovation sociale. Les DRH ne sont pas adeptes des déclarations rhétoriques et travaillent sur les sujets en profondeur. Ils se laissent très peu distraire par les effets de mode. Les bons DRH sont souvent ceux qui savent maintenir la paix sociale dans une dynamique collective performante et saine. Leurs actions s’inscrivent dans la continuité grâce à l’écoute et l’accompagnement. Le métier de DHR « n’est pas un métier d’estrade » pour reprendre l’expression de Jean-Paul Charlez, le président de notre association.
L’innovation et la capacité d’influence de l’association sont reconnues. Nos travaux portés par les Commissions nationales ont été repris en partie dans les différents rapports remis au gouvernement, notamment celui de Jean-Denis Combrexelle sur « La négociation collective, le travail et l'emploi » et celui de Bruno Mettling intitulé « Transformation numérique et vie au travail ». Nous sommes très attentifs aujourd’hui à la façon dont seront mis en œuvre les décrets d’application.
Dans la vraie vie, on n’est pas sur des formules et des phrases choc. Il faut un travail en profondeur, de terrain, pour accompagner les grandes évolutions de notre société. Nos différentes étapes de notre Tour de France abordent des sujets cruciaux comme l’attractivité des territoires, l’importance de la digitalisation, la GPEC territoriale ou encore le mieux vivre ensemble. Le but est de faire le tri parmi les tendances actuelles et mettre en valeur l’essentiel des enjeux à venir.

 

 

 

Propos recueillis par Christel Lambolez

 

 

Ecrit par / Propos recueillis par Christel Lambolez le 07/12/2015
Mots-clefs : Bénédicte Ravache secrétaire générale de l’ANDRH, association DRH
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