Ressources humaines

Entreprises en quête de CDO

Besoin de compétences transverses pour répondre aux impératifs de transformation.
Crédit photo Getty images. Les profils recrutés comme CDO sont le plus souvent issus de l’écosystème digital.

 

 

 

 

Une nouvelle fonction a récemment fait son apparition dans les organigrammes des entreprises : celle de chief digital officer (CDO). « Il est apparu car le digital, I'internet et le mobile ont pris de plus en plus de place dans notre société et ont révolutionné les business dans tous les secteurs d'activité, explique Daniel Hansberger, directeur du cabinet de conseil en recrutement Clémentine, spécialiste du digital et de l'informatique. Il y a quelques années encore, le digital ou l'Internet étaient pilotés comme un canal à part c'est-à-dire de façon dissociée des autres services. Aujourd'hui, le CDO doit repenser sa stratégie autour de ce canal. Et il y a trois grands volets dans son job, à la fois un volet marketing, opération et SI.»

 

 

Conduire le changement


 

 

La mission principale du chief digital officer est en effet de piloter la transformation digitale globale de l'entreprise et pour cela il doit travailler en relation avec l'ensemble des départements. Comme l'illustre le quotidien de Guillaume Grimbert, directeur digital chez Cleor, qui exerce une fonction transverse : «Je travaille en étroite collaboration avec tous les services de l'entreprise, notamment le DSI, le retail, le service commercial, etc. Je fais aussi partie du comité de direction et je rapporte directement à mon PDG, explique-t-il. Le CDO doit être polyvalent, avoir des compétences marketing, commerciales, techniques, stratégiques et financières car il doit aussi être capable de prévisionner. En résumé, il doit avoir une vision et savoir parler à tout le monde. »

 


Daniel Hansberger précise en outre qu'aujourd'hui les entreprises cherchent dans profils pointus dans le digital mais ce n'est pas là leur seule exigence. « On recherche des profils qui ont souvent une bonne expérience d'un secteur d'activité mais aussi des ambassadeurs de leurs projets qui ont une vision pour faire adhérer l'ensemble de l'entreprise et qui savent conduire le changement», ajoute-t-il. A titre d'exemple, Guillaume Grimbert chez Cleor assure qu'il a réalisé un véritable «travail d'évangélisation» quand il est arrivé en avril 2013 dans l'entreprise (il a été nommé CDO en septembre dernier). « J'ai profité des séminaires et des conventions pour prendre la parole et expliquer ce que le digital pouvait apporter aux points de vente. Et j'ai fait de même avec les responsables de magasins lors de formations. Ces derniers ont alors adhéré aux projets digitaux et notamment à celui de la e-réservation qui vient d'être mise en place dans l'enseigne car ils ont compris que cela pouvait attirer plus de clientèle en boutique», témoigne-t-il.

 

 


Expériences de terrain

 

 


Le directeur du cabinet Clémentine précise toutefois qu'on ne peut par encore parler de recrutement «en masse» de CDO à l'heure actuelle. «Aujourd'hui, on trouve des CDO surtout dans les grosses entreprises notamment celles du CAC 40», précise-t-il. En témoigne la nomination récente d'un CDO chez LVMH ou chez TOTAL qui rejoignent la liste de ceux déjà en poste comme c'est le cas chez Airbus, L'Oréal ou Accor. «Son poste recouvre des réalités différentes. Il peut avoir un rôle très central et stratégique dans certaines entreprises alors qu'il pèsera moins lourd dans celles où les enjeux liés au digital sont de moindre importance.»


Quoiqu'il en soit, le professionnel note qu'aujourd'hui les profils recrutés comme CDO sont le plus souvent issus de l’écosystème digital. «Les personnes qui sont recrutées à ce poste ont travaillé chez des éditeurs de gros sites internet, chez des opérateurs ou des cabinets de conseil/ agence digitale.»
 Les profils RH ne sont pas encore reconnus comme des chefs d'orchestre de la transformation. Pourtant ils ont une carte à jouer car la digitalisation des organisations implique une montée en compétences des collaborateurs en interne et de revisiter l'ensemble des métiers.

 

Le professionnel du recrutement ajoute que le CDO en poste peut-être rattaché au comité de direction ou à la direction marketing. Même s'il ne dépend pas du service RH, c'est bien l'un de ses partenaire car il est en lien avec ce service pour mener la transformation digitale interne de l'entreprise. Côté salaire, un CDO peut espérer gagner de 80 à 150/160K € . «Mais la rémunération d'un CDO dans un groupe du CAC 40 peut aller jusqu'à 250 à 300 K€», conclut Daniel Hansberger.

 

 

 

Audrey Pelé

Ecrit par Audrey Pelé le 28/01/2016
Mots-clefs : métier chief digital officer (CDO)
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