Ressources humaines

#Pêche : développement durable et professionnalisation

Interview de Maria Grimstad, directrice du centre des produits de la mer de Norvège.
Maria Grimstad : Le niveau de qualification élevé contribue à la sensibilisation au développement durable.
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Avec un territoire maritime équivalent à cinq fois son territoire terrestre, la Norvège a fait de sa filière pêche et aquaculture une des forces de son économie. Saumon, cabillaud, truite des fjords, crabe royal, hareng sont des productions dont la croissance est rendue possible par une gestion réfléchie des ressources humaines.

 

 

 

La filière de la pêche est très professionnalisée en Norvège. Il existe même des formations très pointues…

 

 


Il existe une école spécialisée dans les métiers de la mer depuis 1988 : l’Ecole nationale de pêche. Rattachée à l’université de Tromsoe, elle est implantée au nord du cercle polaire et propose des formations qui vont jusqu’au master. On y enseigne toutes les disciplines en rapport avec la mer : la pêche, l’aquaculture, les technologies biologiques, le management international, et des spécialités vétérinaires. Les cours sont dispensés en anglais et attirent aussi des étudiants d’autres pays. La Norvège héberge également le plus grand institut de recherche marine d’Europe du nord, et un institut de recherche sur les produits de la mer, la santé et la nutrition, le NIFES, de renommée mondiale dans ce domaine.

 

 

Tout ce background culturel favorise-t-il la pêche durable ?

 


Le niveau de qualification élevé contribue à la sensibilisation au développement durable. Mais il y a aussi une dimension culturelle forte : l’opinion publique norvégienne a conscience de la nécessité de préserver ses ressources maritimes. Si elles sont bien gérées, elles resteront des ressources renouvelables, contrairement aux autres grandes richesses du pays que sont le gaz et le pétrole. L’organisation de la pêche et de l’aquaculture doivent donc s’inscrire dans une perspective de long terme. Enfin, le gouvernement impose des contraintes strictes aux pêcheurs concernant la taille des poissons pêchés dans le but de préserver les espèces. Par exemple pour le cabillaud, la taille minimum fixée pour la pêche est de 47 cm contre 37 cm dans l’union européenne.

 

 


Y a-t-il, comme en France, une tradition familiale de la pêche ?

 

 


Les entreprises de pêche se transmettent souvent de génération en génération. Il est amusant de noter que certains enfants avaient opté pour un autre secteur d’activité mais reviennent ensuite dans l’entreprise familiale car l’appel de la nature est le plus fort. Deux autres atouts rendent le métier attractif. D’abord, le rythme de travail y est atypique. Certaines périodes sont très chargées, il faut pêcher toute la journée et tous les jours de la semaine. Mais d’autres périodes sont creuses. La plupart des gens qui travaillent dans le secteur apprécient particulièrement cette liberté et la proximité avec la nature. Et puis, contrairement à la France, les revenus des pêcheurs norvégiens sont plus élevés que la moyenne nationale., leur permettant une vie confortable.

 

 

 

Et en même temps, les 12 000 pêcheurs de la filière ont une volonté de faire connaître leurs métiers…

 

 


Oui, ils sont ouverts sur l’extérieur. Des associations de producteurs mettent en place des initiatives pour faire connaître leur activité à ceux qui ne sont pas nés dedans ! Par exemple, ils sont dynamiques sur les réseaux sociaux ou montent des blogs de témoignages. La filière a aussi initié des projets destinés à faire connaître les métiers de la mer aux jeunes et à les sensibiliser aux opportunités que représentent ces filières. Il y a une prise de conscience générale du fait que les métiers de la mer sont l’avenir de la Norvège.

 

 


Il existe aussi des initiatives pour le bien-être des salariés…

 

 


C’est une vraie préoccupation chez les dirigeants d’entreprise. Par exemple, l’activité de transformation –la découpe, le conditionnement- est un travail très répétitif qui pourrait générer des troubles musculo-squelettiques. Pour les éviter, des roulements sur les postes ont généralement lieu toutes les 45 minutes. Par ailleurs, il est courant de proposer des massages une fois par semaine. Quant à l’organisation des cantines, elle s’adapte au travail en horaires décalés : on peut y manger à toute heure. Ces initiatives pour développer le bien-être des salariés sont en développement pour conserver l’attractivité du secteur qui embauche massivement chaque année.

 

 

 

Propos recueillis par Sandrine Weisz

 


Citations :

“ La filière pêche et aquaculture est le plus grand secteur de croissance en termes d’emploi ”

“ Contrairement à la France, les revenus des pêcheurs norvégiens sont plus élevés que la moyenne nationale. ”

 

 

Article publié en partenariat avec La revue Personnel de l'ANDRH, numéro de juillet-août 2015.

Ecrit par /Propos recueillis par Sandrine Weisz le 04/09/2015
Mots-clefs : gestion des RH pêche, professionalisation des RH, ressources humaines Norvège, centre des produits de la mer de Norvège
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